Il existe une plante qu’on trouve au bord des routes, dans les terrains vagues et les jardins abandonnés, et qui a la faculté terrifiante de faire voler un esprit en éclats. Le datura — surnommé l’herbe du diable — n’est pas un hallucinogène comme les autres : c’est un délirant. Sous son emprise, on ne sait pas qu’on hallucine. On parle à des gens qui n’existent pas, on fume des cigarettes imaginaires pendant des jours, on urine sur les murs en croyant être aux toilettes. Et parfois, on ne revient jamais.
Dans cette vidéo Surbex, je vous plonge dans huit témoignages authentiques, publiés sur Erowid, Reddit et Vice, qui vont crescendo : de la confusion mentale absurde jusqu’à l’hospitalisation d’urgence, le coma… et la folie qui s’installe pour de bon. Évidemment, aucune promotion ici : ces récits sont probablement le meilleur argument qui existe pour ne jamais toucher à cette plante.
Pourquoi le datura est-il si dangereux ?
Le datura contient des alcaloïdes puissants, notamment la scopolamine et l’atropine, qui bloquent l’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel. Résultat : confusion extrême, bouche et gorge desséchées, tachycardie, amnésie… et surtout un délire total dans lequel les hallucinations paraissent absolument réelles. Contrairement au LSD ou aux champignons, l’usager ne se dit jamais « je suis en train d’halluciner ». Il vit son cauchemar comme une évidence, exactement comme dans un rêve.
L’autre danger, c’est qu’il est impossible de doser le datura. D’une graine à l’autre, la concentration en alcaloïdes varie d’un facteur 1 à 10. D’après drogues-info-service.fr, 4 à 5 grammes de feuilles peuvent déjà contenir une dose mortelle — et les fleurs comme les graines sont encore plus puissantes. Compter les graines n’a donc aucun sens : la même cuillerée peut être un « trip » ou un empoisonnement fatal.
Les 8 témoignages à découvrir dans la vidéo
1. « Dans l’antre de la folie » — la maison dévastée de Timmy
Posté sur Erowid en 2004. Au lycée, Timmy et deux amis avalent chacun une cuillerée de graines rapportées par un camarade fasciné par les rites chamaniques. Le lendemain, Timmy se réveille dans une maison sens dessus dessous : téléphone arraché, porte d’entrée grande ouverte, vase brisé — et 75 bonbons de maïs d’Halloween croqués uniquement côté orange. C’est son meilleur ami Doogie qui lui raconte sa nuit : Timmy a fouillé frénétiquement sa cuisine à la recherche d’un « disque d’installation de Windows 95 », craché sur les murs, tenté de fumer une cuillère avec un briquet invisible. Sa conclusion est devenue culte : « Avec les autres drogues, tu te dis “wow, c’est trippant”. Avec le datura, tu te dis “hé, c’est normal”. Tu ne sais JAMAIS que tu hallucines. »
2. « En pleine hallucination à l’hôpital » — SomberSoul
Avec un ami, elle prépare un « moon tea » à partir de cinq capsules de graines bouillies. Moins d’une heure après l’ingestion, direction les urgences : il faudra un médecin et trois infirmières pour l’attacher au lit, le cœur à 180 battements par minute. On la force à boire du charbon actif — qu’elle recrache au visage d’une infirmière, persuadée qu’on lui fait descendre une bouteille de Jägermeister. Sa conclusion : « J’ai bien failli mourir cette nuit-là. »
3. « L’enfer sur terre » — la femme sans tête
L’utilisateur u/GingerbreadD666 avale 18 graines et en fume autant. Quatre heures plus tard, recroquevillé contre le mur de sa chambre, il entend des voix démoniaques et un bruit d’hélicoptère qui finit par résonner à l’intérieur de son crâne. En se forçant à vomir, il la voit : une femme en robe de mariée, à la peau cadavérique… sans tête, une chevelure brune flottant au-dessus du corps. « Je ne suis pas vraiment croyant, mais si l’enfer existe, pour moi c’est ça. »
4. « J’ai pris trop de datura » — poursuivi par des créatures dans Montréal
Récit publié par Vice. Après une « tisane psychédélique » chez un ami, l’auteur erre dans le Vieux-Montréal, entouré de créatures démoniaques aux sourires sardoniques qui jouent avec lui, se cachent derrière les lampadaires et le « poignardent » dans le dos comme des décharges électriques. Un billet de 20 dollars se désintègre en cendres dans sa main au moment de payer le taxi. Persuadé d’avoir tué une femme pendant son trip, il épluchera les journaux pendant une semaine. Il verra ces créatures pendant des mois. « On avait pris cinq fois la dose normale, mais la plante était vieille. Si elle avait été fraîche, je serais mort. »
5. « Comment je suis devenu fou pendant un an » — le microdosage de u/daturathrowy
Trois graines par jour, un « petit buzz agréable ». Puis, après six mois, la bascule : convaincu de parler par télépathie avec une actrice, puis avec une agente du gouvernement, puis avec une IA — au point de fermer les yeux et de lancer une hache près de son pied pour « tester la précision de l’IA ». Diagnostiqué schizophrène paranoïde, il mettra près d’un an à comprendre que rien de tout cela n’était réel. Son conseil : « Tout le monde vous dira de ne pas prendre de datura. Écoutez-les, lol. »
6. « Un ami est parti tripper… et il n’est jamais revenu » — l’histoire de Rich
Témoignage poignant posté sur Erowid. À Sydney, Rich, 20 ans, étudiant « relativement rationnel », boit une infusion de fleurs de datura malgré les avertissements. À 2 heures du matin, il débarque chez ses amis en sous-vêtements, parle à une boîte de thé, menace le réfrigérateur du poing, puis discute avec les orchidées du jardin. Après 24 heures de délire, il se mure dans le silence — pendant deux ans. Sa vie s’effondre : il erre de maison en maison, disparaît des mois entiers. « Il n’est jamais vraiment revenu de ces “vacances”. »
7. « Un enfer sombre dénué d’espoir » — tek22
SDF à 18 ans, tek22 avale une capsule entière de graines au lever du soleil. Dans un McDonald’s, le sol se couvre de chats noirs trempés et furieux, du sang dégouline du plafond, une bible saigne sur ses genoux. Puis les hallucinations s’effondrent en un trou noir sensoriel : enfermé dans une petite boîte métallique, il comprend qu’il est mort et qu’il est en enfer — « pas de démons, pas de feu, juste un vide sans fin ». Il se réveille huit heures plus tard. « Le datura dépasse les mots. Le datura est un POISON ! »
8. « À deux doigts de la mort » — The Trickster
Le récit le plus grave de la vidéo. Lycéen à Philadelphie, il boit quatre shots d’un « thé » de datura préparé par un ami qui le comparait au cannabis. S’ensuivent trois jours de délire : cigarettes imaginaires, brosses à dents volées, conversation avec un pin, ballons d’anniversaire qui le traquent… À l’hôpital, ses reins cessent de fonctionner pendant deux jours, son rythme cardiaque devient erratique, et les médecins lui donnent une chance sur deux de survie. À son chevet pendant trois jours : Chewbacca. Il apprendra plus tard que c’était son père.
Sorcières, zombies et cigarettes : la longue histoire de l’herbe du diable
Le datura accompagne l’humanité depuis des siècles. Les Aztèques et les peuples Navajo et Havasupai l’utilisaient dans des rites chamaniques. Au Moyen Âge, il entre dans la composition de l’« onguent volant » des sorcières — appliqué sur les muqueuses, il induisait un délire dont serait né le mythe du vol sur balai. À Haïti, le « concombre-zombie » servait aux bokors à maintenir leurs victimes dans un état de stupeur et d’amnésie. Et jusqu’en 1992, la France vendait en pharmacie… des cigarettes antiasthmatiques au datura, retirées après trois décès en deux mois. C’est aussi de ses alcaloïdes qu’est tiré le tristement célèbre « souffle du diable », la scopolamine utilisée pour plonger des victimes dans un état de soumission chimique.
Quand le datura s’invite dans nos assiettes
Le plus terrifiant ? On peut être intoxiqué sans jamais avoir cherché à se droguer. Parce qu’il pousse partout, le datura contamine régulièrement les récoltes : farine de sarrasin bio et boîtes de haricots verts en 2019, feuilles vendues comme des épinards sur un marché de région parisienne en 2018 (« Le vendeur n’a pas été retrouvé », précisait Le Monde). En 2019, en Ouganda, 293 personnes ont été intoxiquées par des rations alimentaires contaminées — cinq en sont mortes. Entre 1999 et 2015, la France a recensé 1186 intoxications au datura, dont deux mortelles.
Que faire en cas d’intoxication au datura ?
Un seul réflexe : appeler les secours (le 15 ou un centre antipoison). Les hôpitaux connaissent bien la plante et les cas ne sont pas rares. Le traitement passe par du charbon actif pour capter les alcaloïdes encore présents dans l’estomac, une réhydratation par perfusion, des sédatifs en cas de forte agitation et, dans les cas sévères, un lavage d’estomac. Surtout, ne jamais laisser une personne intoxiquée seule : sous datura, elle peut sortir dans la circulation, boire des produits ménagers ou se blesser sans aucune conscience du danger.
Regarder la vidéo complète
Ces huit histoires sont racontées en intégralité, avec toute leur progression dramatique, dans l’épisode Surbex #27 : La PIRE DROGUE au MONDE : 8 Histoires TERRIFIANTES sur le DATURA. 41 minutes de descente aux enfers, à regarder ici.
Pour aller plus loin
Si les recoins sombres d’Internet te fascinent, tu peux enchaîner avec les confessions Reddit les plus perturbantes ou l’iceberg des posts Reddit les plus perturbants. Et si tu veux une dose de datura supplémentaire, je t’ai gardé une histoire en rab sur ma chaîne secondaire Nawak-Verse : Sous datura, un vautour géant essaye de l’attraper !


